Extractions dentaires

Les extractions peuvent être réalisées pour plusieurs raisons :

  • carie dentaire trop avancée qui rend la dent irréparable ;
  • dents incluses, dont les dents de sagesse ;
  • dans le cadre d'un encombrement dentaire trop important pour un traitement orthodontique ;
  • extraction de dents de lait pour faciliter l'éruption de dents définitives.

Complications possibles

  • Infection : si besoin, un antibiotique sera prescrit.
  • Saignement prolongé : le saignement s'arrête peu après l'extraction, mais des écoulements de sang peuvent survenir jusqu'à 48 heures après. Ce saignement peut être diminué en appliquant une compresse stérile sur le site de l'extraction et en maintenant la bouche fermée pour créer une pression. Il faut éviter de cracher ou de rincer pendant les 24 premières heures afin de ne pas déloger le caillot et causer une alvéolite.
  • Douleur : elle peut durer quelques jours, il faut alors prendre les analgésiques prescrits.
  • Gonflement : si l'extraction était compliquée, il peut y avoir un gonflement du visage, voire même un changement de couleur sur la peau qui se résorbera petit à petit.
  • Paresthésie : très rarement, durant l'extraction dentaire, le nerf alvéolaire peut être traumatisé, causant une perte de sensibilité qui arrive surtout au niveau de la langue ou de la lèvre inférieure. La paresthésie parvient plus fréquemment lors de l'extraction des dents de sagesse. La perte de sensibilité est rare et généralement temporaire. Exceptionnellement cette perte de sensibilité peut être permanente.
  • Alvéolite : suite à l'extraction d'une dent, un caillot se forme dans la cavité osseuse. Quelquefois ce caillot est délogé ou tarde à se former, créant une alvéolite. Cette situation se caractérise par une douleur intense, un mauvais goût dans la bouche et parfois la difficulté d'ouvrir la bouche. Elle est accentuée par le tabagisme. L'alvéolite est une condition temporaire qui dure quelques jours, et peut-être diminuée par le dentiste en y apposant une mèche ou une pâte imbibée d'eugénol.

Précautions et conduite à tenir

Pour obtenir une cicatrisation dans de bonnes conditions après l'opération, certaines précautions doivent être respectées :

  • Dans le cas d'une extraction compliquée, maintenez la zone froide à l'aide d'une vessie de glace appliquée par intermittence sur la joue pendant 1 à 2 jours.
  • L'alimentation doit être molle, tiède ou froide. Il faut éviter une nourriture trop chaude, trop épicée ou trop acide, comme les jus d'orange.

Extraction des dents de sagesse

Pourquoi intervenir ?

L'extraction des dents de sagesse consiste à enlever les troisièmes molaires du haut et/ou du bas.

Ces dents doivent être extraites :

  • soit parce qu'elles sont en mauvaise position, incluses dans l'os, enclavées et elles ont été ou seront à l'origine de douleurs, d'inflammation voire d'infection ;
  • soit parce qu'elles risquent de perturber le bon alignement de vos dents par manque de place (l'indication est souvent portée par l'orthodontiste) ;
  • soit parce qu'elles sont cariées et ne peuvent plus bénéficier de soins traditionnels conservateurs.

Comment se déroule l'intervention ?

Cette intervention peut se dérouler :

  • soit au cabinet dentaire sous anesthésie locale ou loco-régionale : l'extraction des 4 dents de sagesse nécessitera alors 2 à 4 séances.
  • soit sous anesthésie générale en milieu hospitalier. Une consultation d'anesthésie préopératoire est alors indispensable. Le médecin anesthésiste répondra à vos questions relatives à l'anesthésie.

Des points de suture seront posés en fin d'intervention afin de faciliter la cicatrisation. Il y aura donc une séance supplémentaire environ une semaine après l'intervention pour les déposer.

Suites opératoires

  • Saignements : il est fréquent qu'un petit saignement, souvent gênant, persiste pendant quelques heures. Le traitement consiste à appliquer une compresse sur la zone de l'extraction et à mordre sur celle-ci tant que la saignement ne s'est pas arrêté. Ce saignement peut se prolonger parfois pendant la nuit qui suit l'intervention. Afin de ne pas évacuer le caillot sanguin qui s'est formé dans l'alvéole, les bains de bouche doivent être faits avec parcimonie 24 heures après l'intervention.
  • Douleur : au niveau des zones opérées, elle est plus fréquente en bas qu'en haut. Elle cède souvent avec des antalgiques et disparaît en quelques jours.
  • OEdème (gonflement des joues) : il est fréquent mais imprévisible car variable d'une personne à l'autre, volontiers marqué chez l'adolescent.
  • Limitation de l'ouverture buccale : elle est fréquente pendant quelques jours bien qu'elle ne soit pas systématique. Il faudra donc prévoir une alimentation molle. Exceptionnellement, cette difficulté à ouvrir la bouche peut durer plusieurs semaines.

Précautions et conduite à tenir

Pour obtenir une cicatrisation dans de bonnes conditions après l'opération, certaines précautions doivent être respectées :

  • Maintenez la zone froide à l'aide d'une vessie de glace appliquée par intermittence sur la joue pendant 1 à 2 jours.
  • L'alimentation doit être molle, tiède ou froide. Il faut éviter une nourriture trop chaude, trop épicée ou trop acide, comme les jus d'orange.
  • Malgré les oedèmes et les douleurs, une bonne hygiène buccale est indispensable pour que la cicatrisation se fasse sans complication. Après chaque repas, les dents et les gencives devront être nettoyées par brossage. Des bains de bouche sont prescrits en complément du brossage à l'aide d'une brosse chirurgicale.
  • Il faut arrêter absolument le tabac, l'alcool et tous les irritants jusqu'à la fin de la cicatrisation de la plaie.
  • Éviter de cracher ou de rincer pendant les 24 premières heures afin de ne pas déloger le caillot et causer une alvéolite.

Les risques

Tout acte médical, même bien conduit, recèle un risque de complications.

Vous serez informés de ces risques avant la réalisation de l'acte, car ils dépendent de la position des dents de sagesse, des conditions d'accès à celles-ci et de leur rapport avec le nerf alvéolaire.

Il peut être nécessaire de réaliser un cliché radiographique tridimensionnel type scanner ou cone beam afin de visualiser de façon plus précise la position des dents de sagesse dans l'os et vis à vis du nerf alvéolaire.

Ce que vous devez prévoir

  • Ne pas prendre d'aspirine dans les 10 jours qui précèdent l'intervention.
  • Apporter vos radios si elles sont en votre possession.
  • Sous anesthésie locale : bien déjeuner le matin de l'intervention.
  • L'arrêt de travail n'est pas systématique, prévoyez toutefois quelques jours d'arrêt de travail si l'intervention a été difficile.
  • Autant que possible, se procurer au préalable les médicaments et produits nécessaires aux soins postopératoires (antalgiques, bains de bouche?).
  • Alimentation molle dans les jours qui suivent.
  • Achetez et mettez au congélateur une vessie de glace.

Soins parodontaux

Le parodonte concerne les tissus situés autour de la dent, c'est-à-dire :
- le cément,
- le ligament alvéolo-dentaire,
- l'os alvéolaire,
- la gencive.

Détartrage sous-gingival et surfaçage radiculaire

Associé au détartrage supra-gingival, le détartrage sous-gingival et le surfaçage radiculaire constituent les traitements initiaux de la maladie parodontale.

  • Le détartrage sous-gingival permet d'éliminer les dépôts de plaque et de tartre au niveau des surfaces dentaires situées sous la gencive.
  • Le surfaçage radiculaire élimine la flore microbienne adhérant aux surfaces des racines ainsi que le cément contaminé par les bactéries et les endotoxines bactériennes. Ce polissage des racines permet le ré-attachement de la gencive décollée par la poche parodontale.

Ces actes sont réalisés à l'aide d'instrumentations manuelles et/ou ultrasoniques.

Dans certains cas, il est nécessaire d'écarter la gencive de façon à découvrir l'os et les racines dentaires. Le travail sera réalisé par quadrants, sextants ou par demi-bouche.

Greffe osseuse

La greffe osseuse permet de remplacer l'os alvéolaire perdu par la maladie parodontale.

La greffe osseuse autogène (venant de soi-même) nécessite un prélèvement osseux, par exemple au niveau du menton ou du palais. Le greffon est ensuite placé au niveau du défaut osseux. 

Régénération tissulaire guidée (RTG)

Cette technique consiste à interposer une membrane entre la gencive et la perte osseuse pour favoriser la régénération de l'os, du ligament alvéolo-dentaire et du cément vers la membrane. La RTG est bien adaptée aux lésions localisées mais ne peut être utilisée lorsque les lésions sont diffuses.

Greffe gingivale

Une fois la maladie parodontale stabilisée, la gencive saine adhère à nouveau à l'os mais une partie des racines reste dénudée. On parle de récession gingivale. Dans ce cas, on peut réaliser une greffe gingivale pour combler le manque de gencive.

Cette intervention chirurgicale consiste à prélever un petit morceau de gencive, généralement au niveau du palais, et à le suturer  au niveau de la gencive où il y a un manque de tissu. Le tout est maintenu en place par un pansement parodontal pendant la période de cicatrisation.

Éxérèse de kyste

Dans quels cas ?

L'exérèse d'un kyste sera réalisée si ce kyste ne peut pas être résorbé autrement qu'avec une intervention chirurgicale et si celui-ci présente un danger dans le futur.

Le plus fréquemment, le kyste est d'origine infectieuse, à cause d'une dent dépulpée dont l'obturation des canaux radiculaires est absente ou incomplète. Dans ce cas, l'obturation de ces canaux ou une reprise du traitement suffisent souvent à résorber ce kyste.

Dans d'autres cas, un kyste bénin peut parfois ne pas être traité et ne nécessiter qu'une surveillance régulière, car il est suffisamment petit pour ne pas avoir de conséquences sur la cavité buccale, ne grossit pas et il n'est pas possible de le traiter de façon non chirurgicale.

Dans les autres cas (kyste de volume trop important, cause non dentaire, ...), une intervention chirurgicale sera alors décidée afin d'extraire ces tissus infectés.

Comment se déroule l'intervention ?

Elle est réalisée généralement au cabinet sous anesthésie locale ou loco-régionale, parfois en milieu hospitalier sous anesthésie générale si cela est nécessaire.

A la fin de l'intervention, des points de suture seront posés. Ils seront déposés 6 à 8 jours après.